D’abord, je dois vous dire que j’ai peur de ce qui se passera aujourd’hui. Hier soir, tous les parents de lycéens de notre ville ont reçu un courriel du chef des écoles publiques pour nous prévenir : sur les réseaux sociaux, il y a des demandes partout aux États-Unis que les lycéens n’assistent pas aux lycées, au nom de manifester contre ICE. Pendant les dernières années, disons que les élèves qui font partie ont du mal à accepter une réponse de « non » de leurs copains de classe. La Fille sait qu’elle sera considérée d’avoir fait l’école buissonnière — je n’aime pas cette expression — et elle n’a aucune intention de ne pas assister au lycée. Ce que je crains, c’est de la violence de la part de ceux qui n’acceptent pas son choix.
Je n’ai pas envie d’écrire sur cette situation en général, mais imaginez si vos concitoyens faisaient la manif pour soutenir non seulement des gens sans papiers, mais particulièrement ceux sous OQTF après avoir été reconnus coupable de crimes. C’est ce qui se passe avec les manifs au Minnesota. J’aimerais arrêter de vivre dans De l’autre côté du miroir.
Vous savez peut-être que j’ai repris Duolingo il y a des mois pour soutenir une amie. Cette semaine, il y avait une histoire là plutôt drôle. Je dois partager un extrait :
Ma mère était à San Diego la semaine dernière et est revenue avec des pâtisseries d’une boulangerie-pâtisserie très inhabituelle :
Ouais, ça dit « O’Brien’s Boulangerie ». Je soupçonne qu’il n’y ait pas beaucoup de boulangeries en France portant des noms irlandais ! De toute façon, dans la boîte :
La photo est trompeuse. Ces trucs sont énormes. Et je dois vous dire, pas vraiment aussi bons que l’aspect ne le suggère. On sait clairement faire de bon feuilletage ; pourtant, la crème pâtissière dans la pâtisserie que j’ai goûtée avait un goût bizarre.
Quelque chose d’énervant m’est arrivé sur Facebook cette semaine. Dans un groupe privé, j’ai vu qu’une certaine personne avec un nom pas commun avait aimé plusieurs de mes commentaires. J’ai vérifié le profil et c’était exactement celle à qui je pensais, une ancienne copine de classe au lycée que je n’ai pas revue depuis 1998. Et vous savez quoi ? Je ne m’en plaignais pas, car madame m’avait rejeté de façon humiliante. Je dois vraiment arrêter de fréquenter des groupes anglophones — peut-être qu’il y a 1,5 milliard de nous, mais en quelque sorte, c’est toujours les mêmes que je croise !
J’ai passé tout le soir (le mot « soirée » ne s’applique pas chez moi, de peur que l’on ne me prenne pour quelqu’un qui fait la fête) en traduisant les recettes de mon livre. Je mens parfois dans tel ou tel post que « je ne regrette rien » ([HA ! Il y a même une statue officielle pour ses regrets au Jardin des Tuileries ! — M. Descarottes]), mais une chose que je regrette certainement, c’est de ne pas avoir gardé des mesures en unités nord-américaines au fil du Tour. Traduire tous les « grammes » et « millilitres » en « onces » et « tasses », c’est du boulot. Surtout car on mesure beaucoup de choses en volume, non en poids.
Je n’ai donc rien préparé. Heureusement pour moi, je garde toujours des pépites pour ces situations. En voici deux :
D’abord, le français a bien gâché ma compréhension de l’anglais. (Les bêtises de mes compatriotes aussi, mais laissez tomber. Ceci, c’est de votre faute.) Il y a une marque de pommes devenue très populaire pendant les 18 derniers mois. Vous verrez ce paquet exactement comme je le vois :
Que diable ? Quel cinglé a nommé un genre de pommes d’après le SMIC ? Mais je suis récemment passé par des cartons chez Costco qui expliquent mon erreur :
Ce n’est pas « SMIC », mais « COSMIC » ; c’est-à-dire « cosmique » (« crisp » se traduit par « croquant » ou « croustillant »). J’en ai assez de tous les nouvelles variétés de pommes avec des noms trop publicitaires : Honeycrisp (littéralement, Mielcroquant), SugarBee (SucreAbeille), et ainsi de suite. Balivernes ! Vendez-moi la pomme et je déciderai pour moi-même si je l’aime.
L’autre chose, c’est que je vous reconnais coupable de nous vendre de la malbouffe. Voici autre chose chez Costco :
« Mais Justin », me dites-vous, « Delici est une marque belge, rien à voir avec nous. » Pas si vite. Le carton dit en bon français à droite : « Made in France », exactement comme se trouvait anciennement sur le site de l’Élysée :
Mais le carton dit aussi : « Fabriqué en France ». Et que se trouve-t-il dans ces pots ? « S’mores soufflé », un dessert fait « à la crème de guimauve et aux miettes de Graham crackers », pour traduire l’inscription sur le carton. Disons que le premier ingrédient est hyper-artificiel, et quant aux Graham crackers, je ne les donnerais pas à manger aux prisonniers. Comme dit Wikipédia en français :
Le révérend presbytérien Sylvester Graham recommandait par ailleurs des aliments fades, non épicés et peu gras, comme remède aux « pulsions charnelles » qui éloignaient les hommes du Christ… Les biscuits Graham devaient ainsi participer à éloigner les jeunes des « périls de la débauche », comme la masturbation.
Je n’aime pas les Speculoos, mais je mangerais une tonne de Biscoff avant une boîte de ces trucs. Tout ça pour dire : je note que Delici me mentionne pas ce produit sur sa liste de produits en français. Je crois donc que c’est produit juste pour le marché américain.
J’avoue, je pense parfois à acheter ce dernier truc. Au nom de critiquer un produit fabriqué en France et de soutenir l’économie française, vous comprenez. Mais je ne sais pas ce qui me fait le plus peur : que je ne l’aime pas — ou que je l’aime !
Avant de me lancer dans Langue de Molière cette semaine, j’aimerais simplement vous rappeler que si je n’ai pas d’expérience avec quelque chose, il est fort probable que je ne me serai soucié d’en apprendre plus. Dans ce cas, M. Descarottes n’a jamais mangé de la viande, alors il ne m’est jamais arrivé à l’esprit d’apprendre les noms de la nourriture pour les chiens et les chats.
Tout ça, c’est pour dire qu’il y a deux mois, j’étais tout perplexe en lisant un billet d’Il Est Quelle Heure, qui disait :
Stella n’est pas très gourmande. Par contre, elle raffole de pâtée. [Caractères italiques et en gras à moi]
Stella est son chat. J’ai lu ça et je me suis dit, « Attention, c’est le pâté et c’est de la nourriture pour les êtres humains, n’est-ce pas ? » J’ai donc consulté mon dictionnaire Oxford :
L’entrée pour le pâté au masculin pourrait être plus clair. Les exemples commencent avec pâté de foie. D’abord, beurk (s’il agit de foie de bœuf ou de poulet). Deuxièmement, voici ce qui vend MacCiseaux Maxi Zoo :
Ça provient évidemment d’une marque allemande, mais le français dit clairement « pâté » sans être au féminin. Puis, on lit l’entrée pour pâtée au féminin :
Le premier sens dit « pour un chien/les cochons/la volaille » — exactement comme madame l’a utilisé. Et je prends des leçons de français auprès d’Allemands depuis quand exactement ?
Ça dit, j’ai la même question que toujours à propos des aliments pour les chats et les chiens. Le riz, le saumon, le potiron, ces trucs font-ils vraiment partie du régime des animaux à l’état sauvage ?
Même si je peux trouver des exemples de pâté au masculin pour les animaux, impossible de trouver des erreurs dans l’autre sens. Rechercher « pâtée » sur le site de Carrefour à pour résultat des suggestions uniquement pour les animaux :
Pour être honnête, je ne peux pas distinguer entre les deux à l’oral, et je ne suis pas sûr de le faire niveau produit lui-même. À vous, ou à vos chats — ça miaou est égal.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour expliquer la relation entre votre hôte et Satanas.
On reprend pour la dernière fois « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Cette fois, j’ai avancé de 84 pages. Ça veut dire que j’ai sélectionné moins pour citer cette fois, afin de couvrir autant de pages. Mais j’étais prêt à passer au prochain tome.
Pas surprenant que le narrateur a un type :
Si… Albertine avait quelque chose de la Gilberte des premiers temps, c’est qu’une certaine ressemblance existe, tout en évoluant, entre les femmes que nous aimons successivement
Des pages et des pages suivent où le narrateur va ici et là avec Albertine et Andrée. Il y a plusieurs pages sur les dentelles vénitiennes, mais même si j’ai visité Burano, l’île où ces trucs sont fabriqués, pas envie d’en parler. Mais je note une mention curieuse de leurs visites :
Il y avait des jours où nous goûtions dans l’une des fermes-restaurants du voisinage. Ce sont les fermes dites des Écorres, Marie-Thérèse, de la Croix d’Heuland, de Bagatelle, de Californie, de Marie-Antoinette
Des drôles de noms, ces deux derniers !
La bande joue à des jeux que j’aurais cru plus adaptés aux enfants :
nous jouions à des jeux qui jusque-là m’eussent paru ennuyeux, quelquefois aussi enfantins que « La Tour Prends Garde » ou « À qui rira le premier »
Le traducteur a rendu « La Tour Prends Garde » comme « Roi du Château ». J’ai du mal à trouver le vrai jeu, mais il y a un film de même nom avec Jean Marais ; je l’imagine nommé pour le jeu. Il y a aussi une chanson.
Encore une fois, je me demande combien de temps se passe à Balbec :
À plusieurs reprises Robert de Saint-Loup me fit dire que puisque je n’allais pas le voir à Doncières, il avait demandé une permission de vingt-quatre heures et la passerait à Balbec.
On revient au collège, il me semble :
Après s’être appliquée à bien tracer chaque lettre, le papier appuyé à ses genoux, elle me l’avait passé en me disant : « Faites attention qu’on ne voie pas. » Alors je l’avais déplié et j’avais lu ces mots qu’elle m’avait écrits : « Je vous aime bien. »
Il passe encore des pages où Albertine et Andrée se disputent sur la question de comment leur amie Gisèle aurait dû répondre à son examen de littérature. Elle a choisi d’écrire sur :
Sophocle écrit des Enfers à Racine pour le consoler de l’insuccès d’Athalie
Les lycéens français doivent écrire vraiment de telles lettres ? Vous m’étonnez !
On passe vite sur la partie où le narrateur essaie de choisir entre la bande de ses amies par leurs mains. Je ne cite que ce qu’il dit sur la gagnante :
La pression de la main d’Albertine avait une douceur sensuelle qui était comme en harmonie avec la coloration rose, légèrement mauve, de sa peau.
Cherchez cette partie dans le texte original pour un moment bien fétichiste. C’est prolongé.
Le narrateur souffre de la maladie des collégiens, où il imagine que les filles ont envie de partager les louanges sur ses amies avec lesdites amies :
Je rejoignis Andrée, recommençai à lui faire des éloges d’Albertine… Et pourtant je n’ai jamais appris qu’Albertine les eût sus.
J’en suis aussi coupable. Mais c’est une bêtise. Quoi, il pense qu’Andrée ne sera jalouse ?
À écouter les charmantes choses qu’elle me disait d’une affection possible entre Albertine et moi, il semblait qu’elle eût dû travailler de toutes ses forces à la réaliser.
Toi con ! Mais on est bel et bien dans les griffes de l’étape où on fait son tout pour reporter le moment où il faut tenter sa chance en avouant ce que l’on pense :
Je savais maintenant que j’aimais Albertine ; mais hélas ! je ne me souciais pas de le lui apprendre… la vivacité déjà grande de mon amour pour Albertine eut pour effet que ce fut successivement à Rosemonde et à Andrée que je proposai de monter avec moi, et pas une fois à Albertine
J’y reconnais le moi lycéen, et je ne pardonnerai jamais ça à Proust.
Dois-je ajouter que :
c’est qu’elle [Andrée] pensait que j’aimais Albertine. Et probablement n’en était-elle pas heureuse. Elle était généralement en tiers dans mes rendez-vous avec son amie.
Puis Albertine va partir de Balbec, et la conversation a lieu, ou presque :
« Oui, me dit-elle, je passe cette nuit-là à votre hôtel et même comme je suis un peu enrhumée, je me coucherai avant le dîner. Vous pourrez venir assister à mon dîner à côté de mon lit et après nous jouerons à ce que vous voudrez… Venez tôt pour que nous ayons de bonnes heures à nous », ajouta-t-elle en souriant.
Ce à quoi vous vous attendez n’arrive pas. Plutôt l’envers !
« Finissez ou je sonne », s’écria Albertine voyant que je me jetais sur elle pour l’embrasser. Mais je me disais que ce n’était pas pour rien faire qu’une jeune fille fait venir un jeune homme en cachette, en s’arrangeant pour que sa tante ne le sache pas, que d’ailleurs l’audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions… Albertine avait sonné de toutes ses forces.
Pas si vite, Marcel !
Après des pages de digressions sur la relation entre Albertine et la famille d’Andrée, le narrateur lui parle enfin de ce qui s’est passé, et Albertine le reproche :
Allez, si vous tenez à mon amitié, vous pouvez être content, car il faut que je vous aime joliment pour vous pardonner. Mais je suis sûre que vous vous fichez bien de moi. Avouez que c’est Andrée qui vous plaît. Au fond, vous avez raison, elle est beaucoup plus gentille que moi, et elle est ravissante ! Ah ! les hommes !
Mais il nous dit :
Mais pour que j’aimasse vraiment Andrée, elle était… trop semblable à moi.
Cependant, sans tarder sur une dizaine de pages où il pense à nouveau à choisir une autre fille de la bande, on atteint enfin la fermeture de Balbec pour l’hiver. Albertine part avant les autres, revenant à Paris sans dire au revoir à personne, mais le reste du monde suivent assez vite. Le narrateur nous dit :
En somme j’avais bien peu profité de Balbec, ce qui ne me donnait que davantage le désir d’y revenir.
Après 730 pages de ce tome, Marcel, je comprends au moins la première partie de votre pensée. Mais j’avoue que j’aimerais tellement voir le Grand-Hôtel de Cabourg dans la vraie vie et même dîner au restaurant Le Balbec — j’ai l’impression d’y avoir vécu pendant des mois, et il fallait être quelque chose de spécial pour inspirer tout ça.
Mais où est donc passé janvier ? Je me sens comme si ce mois se termine beaucoup trop vite — c’était juste hier que La Fille a eu sa première leçon de conduite, j’ai eu mon dîner avec les invités, et tout à coup, c’est presque terminé !
Je suis ravi de vous dire que La Fille a enfin sa robe pour le bal lycéen. Je l’ai envoyée avec sa grand-mère pour faire l’achat, une meilleure idée qu’aller avec moi — et une pire idée en même temps. Elles ont trouvé la bonne robe, mais moi, je n’ai pas d’avis forts sur le sujet, si vous me suivez.
La bande-annonce de l’année est sortie hier, pour Super Mario Galaxy, le film. J’ai horriblement du mal à comprendre ce qui dit Luigi quand les deux frères Mario marchent dans les ombres, mais en anglais, la réplique est hilarante : « Allez, tu n’es plus le type effrayé. — Oui, je le suis ! Personne ne change ! » TOUS les personnages que j’aimerais voir sont là maintenant, entre celle-ci et la première bande-annonce, et malgré le titre, ce film doit beaucoup à mes deux jeux préférés de la série, Super Mario World (celui pour lequel j’ai risqué mes yeux) et Super Mario Odyssey. La Fille ne sera pas chez moi le 1er avril, mais nous le verrons ensemble le plus vite possible. Et probablement deux fois au ciné.
C’est gênant, mais j’ai oublié de vous montrer les desserts de l’Assemblée Générale :
Des gâteaux pas très français, non ? En fait, ils viennent d’une pâtisserie façon portugaise, Porto’s, une chaîne de Los Angeles qui a une seule et unique pâtisserie dans le comté d’Orange. On a dépensé environ $250 pour 6 gâteaux — 3 au chocolat, 3 à la mangue — et franchement, à mon avis, ils ne sont pas à la hauteur des prix. Ça dit, on peut voir que ces gâteaux — censés servir entre 8-10 personnes selon Porto’s — sont bien coupés « à la française », 16 parts chacun. (Il y a des parts manquantes, j’aidais à servir et ne pouvais pas les prendre en photo assez vite.) J’offrirai de prendre en charge le dessert comme don l’année prochaine. Il faudrait avoir des desserts bien français pour un tel événement, et je peux le faire pour 80 personnes moins cher que 250 $. 100 $, peut-être. 150 $, absolument pas de problème. 6 tartes aux fruits, par exemple ; je pourrais faire ça pour environ 20 $ chacune. Remplacer 3 tartes avec des tartes au chocolat, et je pourrais toujours livrer le tout pour moins de 150 $. (D’autre part, vu que le chocolat monte en flèche, peut-être qu’il vaudra mieux utiliser de l’or !)
Vu sur Facebook, un clip sur tous les petits noms que les Français ont pour les Voisins, tourné par la chaîne Arte. Ravi que je n’aie pas vu ça avant l’Assemblée Générale — je l’aurais peut-être évoqué avec mon voisin allemand à la table !
Notre blague traite d’une plainte à Dieu. Nos articles sont :
Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine. Croyez-moi, j’ai bien recherché, mais tout ce que j’ai trouvé, c’était sur soit Groenland et les droits de douane soit des boudins blancs malsains soit des laits infantiles empoisonnés. Les gros-titres sont Tout Petit et Fin Du Monde.
Je sais à quoi vous vous attendez le dimanche, mais je vous rappelle qu’il n’y avait que 35 numéros de Dimanche avec Marcel l’année dernière, malgré que le fait que ça a commencé début janvier. Vu l’importance de cet événement pour moi, vous pouvez attendre un peu — vous aurez Mar-cel-di d’ici deux jours. On va terminer ENFIN « À l’ombre jaune des jeunes filles en fleurs ». Samedi soir a vu l’Assemblée générale de l’OCA et des choses que j’ai hâte de raconter.
La journée n’est pas bien allée avant l’Assemblée. Je savais qu’il me faudrait environ 3 heures pour tout préparer. Mais La Fille m’avait demandé d’aller dans un centre commercial avec ses amies. Je ne savais pas que nous serions là pendant presque 4 heures ! Et j’avais pris un rendez-vous pour elle chez le coiffeur à 16h en plus. Heureusement que j’ai eu les deux heures les plus productives de ma vie en cuisine entre les deux.
J’ai choisi de faire de la ficelle picarde, connu aux amateurs du Tour comme Mon dîner axonais. Mais je voulais faire assez pour 16 personnes cette fois, pas 4 ou 8 comme dans la recette originale. Alors que mes crêpes cuisinait, j’ai coupé mes légumes — j’aurais été perdu sans l’appli Horloge de mon portable !
Alors, voici un aperçu de mes crêpes :
Mais c’est les légumes et le poulet qui étaient le vrai travail. J’ai acheté 6 échalotes, et couper et faire cuire le tout, c’était du travail :
Et si vous aimez ça, j’ai dû acheter 900 grammes de champignons de Paris — il m’a fallu 4 assiettes et deux poêles pour les couper, puis les faire cuire !
J’ai dû finir la tache après le rendez-vous chez le coiffeur. J’ai gardé les duxelles — le mélange de champignons et d’échalotes dans un gros saladier, et j’ai fait cuire le poulet en revenant à la maison :
Puis je pouvais augmenter les duxelles avec de la « sour cream », la version américaine de la crème fraiche :
Le saviez-vous ? On peut râper du fromage très vite dans un robot cuisinier, tant qu’il ne vous dérange pas d’avoir quelques gros morceaux à la fin, qui ne passent pas par le disque :
Avec ça, je suis finalement passé au montage :
En fait, j’ai mis les 5 dernières dans un deuxième plat rectangulaire, du Creuset.
Je sais, vous voulez voir la découpe. J’ai réussi à avoir mon propre plat :
Mais voici toute l’assiette. Certains autres ont du talent ! Les lentilles étaient très similaire à notre recette de lentilles du Puy. C’est du coq au vin en haut à gauche — c’était super. La purée de pommes de terre au centre ? Une merveille.
Mais en haut de la photo, il y a un petit truc d’américain que vous ne reconnaissez certainement pas, à moins que vous n’étiez passé du temps aux États-Unis. C’est une amuse-bouche dite « pig in a blanket » (cochon sous sa couverture). J’ai pris deux photos de proche pour vous amuser :
C’est un petit hot-dog, emballé dans de la pâte brisée ou de la pâte feuilletée — cette fois, c’est la pâte brisée. Vous voyez ? On a bel et bien adapté des techniques bien françaises ! On dirait que c’est notre idée d’un saucisson brioché.
Maintenant, j’ai une surprise à partager. Nous avons eu un invité très spécial, M. Dimitri Demianenko, Consul-Adjoint à Los Angeles. D’habitude, je ne publie pas de photos de personnes, mais vu qu’il est fonctionnaire dans son rôle officiel ici, je crois que ça ne pose pas de problèmes :
Il nous a rappelé que cette année fait le 250e anniversaire des efforts de la France pour aider la Révolution américaine, ainsi que le 140e anniversaire de La Liberté éclairant le monde à New York. J’avais espéré lui parler, mais il me semblait que je n’aurais pas l’opportunité. Puis il a pris une photo avec le bureau, dont moi, et j’ai eu ma chance.
C’est ici où vous dites : « Mais c’est Justin à un événement social. Où sont les plaintes ? » Super, merci de me connaître si bien !
J’étais ravi de me présenter, mais dès qu’il a entendu mon accent, il a changé en anglais. J’ai du interrompre — je ne suis pas très malin, interrompant un fonctionnaire comme ça — pour dire « Pas besoin, je parle français. » Comme M. de Norpois avec le narrateur, il a posé des questions sur moi — voilà, c’est un peu Dimanche avec Marcel après tout. Il m’a demandé si je suis déjà allé en France. Alors maintenant le gouvernement est au courant de mon aller-retour pour voir Indochine ! Puis, il a posé la question, celle qui m’énerve la plus.
Dans mon livre j’ai écrit :
Beaucoup de monde me demandent si je cherchais une relation amoureuse, ou si j’en avais déjà avec une Française. C’est quelque chose qui me met toujours mal à l’aise. J’avoue, c’est très inhabituel pour quelqu’un comme moi de rejoindre un tel groupe, sans liens déjà forgés ailleurs.
Alors oui, ça fait deux années de suite avec cette question. Dis-donc (il m’a tutoyé), si j’avais déjà un chemin vers un titre de séjour, penses-tu que je me soucierais de faire la connaissance d’un fonctionnaire ?
Ben, je plaisante. Grosso modo. Mais je l’ai surpris un peu en lui disant qu’à mon avis, les Français sont les gens les plus accueillants au monde. J’ai l’impression qu’il n’entend pas ça trop souvent des Américains !
Autre plainte ? C’était le mari allemand d’un membre assis à côté de moi. Soit il a lu ce blog, soit c’est juste comment se comportent ces gens !
Bon, une dernière chose. J’ai rencontré l’une des bénévoles qui m’a aidé à corriger le livre, quelqu’un qui a fait ça sans jamais me rencontrer. J’ai eu l’opportunité de la remercier. Peut-être que M. le consul ne l’entend pas souvent, mais c’est un bon rappel de pourquoi je dis ce que je dis sur la France !
Ce soir, je serai à l’Assemblée Générale de l’OCA, où à moins qu’il y ait une mauvaise surprise, je serai élu pour une autre année comme éditeur de La Dépêche, notre bulletin. Puisque la formule est toujours ce que l’on appelle un « potluck » en anglais — un mot inconnu pour mon dictionnaire bilingue — tout le monde, dont moi, doit apporter un plat salé pour le dîner. Les potlucks ne sont pas définis par les plats salés, seulement le fait que tout le monde est obligé d’apporter quelque chose. Pour ma part, je vais apprendre encore un autre plat du Tour, cette fois, de la ficelle picarde. Je n’ai appris qu’après la fin du Tour que ce plat ne date qu’au XXe siècle, et les années 50 en plus. Tant pis côté traditionnel, mais ça reste l’un de mes préférés.
Ça va coûter cher. 11 $ de viande, 10 $ de champignons, 5 $ pour le fromage, 5 $ pour la « sour cream » (l’ingrédient le plus proche de la crème fraîche ici, mais pas identique), 3 $ pour le lait, 3 $ pour les échalotes — à ne pas mentionner le lait et les œufs déjà sous la main. Et je sais qu’il y aura ceux qui n’apportent qu’une baguette de 5 $ de chez Ralphs. Mais je me sens hyper-sensible après l’accueil des brownies ces deux derniers mois, alors ça doit être franchouillard et du travail.
Passons aux Grosses Têtes d’hier. J’ai eu un bon 15 minutes en PLS entre une question et l’invité musical. D’abord, la question, qui commence à 1:13:20 au lien. Il s’agissait d’un ministre britannique du XIXe siècle, Robert Peel. J’ai commencé à écouter juste après le moment où M. Ruquier avait mentionné que l’on parlait d’un britannique, alors j’étais persuadé qu’il s’agissait d’un ministre français. Et j’avais certainement étudié M. Peel au lycée, mais puisque j’ai raté le début de la question, j’ai décidé qu’il devait être quelqu’un qui écrivait son nom de famille Pills, comme le chanteur Jacques Pills. M. Peel a donné son nom à quelque chose, la réponse cherchée par M. Ruquier. Si on m’avait posé la question en anglais, j’aurais tout de suite répondu : « La police de Londre, qui se surnomment les « bobbies », « Bobby » étant un surnom pour les Robert. » Mais puisque je me trompais du nom, je ne l’ai pas eu avant Franck Ferrand à 1:15:00.
Il s’est avéré que M. Ruquier voulait poser une question qui évoquerait l’anglais car l’invité portait un nom anglais. Enfin, de l’anglais à la sauce française, car je vous rassure, tout le monde réagirait au nom de même façon que moi ! Je parle de Lilly Wood and the Prick, qui ont été présentés à 1:15:40 au lien.
Comment puis-je expliquer le problème ? « Lilly Wood » pourrait bel et bien être le nom d’une femme américaine ou britannique. J’avais du mal à comprendre le dernier mot, car M. Ruquier le prononçait comme s’il s’écrivait « Preak », ce qui ne signifie rien. Mais j’ai recherché les paroles que j’ai entendues, et ça m’a amené à « prick ».
Ça peut vouloir dire piqûre, soit comme pour un vaccin soit venant d’une abeille. Mais c’est également de l’argot pour… euh… le sexe masculin. OMD, je n’arrive toujours pas à le croire !
Quant à la chanson, Swear (lien aux paroles), de leur nouvel album Christina, c’était pas mal comme musique — mais sa prononciation de l’anglais n’était pas très bien. J’ai entendu « the pressure’s on » (la pression se mit) comme « the precious oil » (l’huile précieuse), et « the wrong to your right » (le mal par rapport à ton bien) comme « the road to your right » (la rue à ta droite). J’ai écouté d’autres chansons plus tard, et j’en conclus qu’elle est plutôt douée quand elle utilise un accent américain, mais presque incompréhensible quand elle utilise un accent britannique. (J’approuve quand même son message, « Nous ne reviendrons jamais en Californie ».
Apres, il y avait une publicité pour Cdiscount que je regrette de ne pas avoir enregistré. On a dit quelque chose comme « c’est un air fryer, mais on le dit en français ». J’ai complètement raté le mot duquel ils parlaient ! J’aimerais tellement que les publicités fassent partie de la version podcast des émissions, car elles sont souvent intéressantes !
Dernière chose — je vous ai dit que j’ai repris Duolingo pour aider une amie. Hier, je crois que l’appli m’a trompé, mais je poserai la question. Voici une bonne réponse selon le hibou vert :
Je croyais qu’après une expression émotionnelle — je suis heureux/content/ennuyé que… — on utilisait le subjonctif. Mais c’est bien l’indicatif ici, après « heureusement que ». Duolingo utilise de l’IA pour créer tous les exemples de nos jours, alors je ne sais pas — est-ce correct ?
Regardez, je pose de telles questions, pourtant je me crois capable d’écrire un bulletin bimensuel en français. L’audace !
Je n’en parle pas souvent, mais je crois que vous savez tous qu’il n’y aucun son que j’aime autant que celui de la SNCF :
Je l’aime tant que je l’ai installé comme le son de mes SMS, et j’ai écrit un tutoriel sur comment l’installer sur les iPhones. Ça fait 3 ans depuis ce temps-là, et à ce point plus personne n’est surpris quand je reçois un texto aux événements de l’OCA, car tout le monde le sait — ce n’est pas un train, c’est Justin.
Gare Saint-Lazare par Claude Monet, Photo par Sailko, CC BY 3.0
Alors, j’étais tout sauf content d’entendre la nouvelle cette semaine que la SNCF abandonnerai ce son, d’ici mi-2026. Je l’ai probablement déjà entendu en live pour la dernière fois. Vous croyez probablement que je taquine, et c’est ma faute à moi pour avoir travaillé dur pour gagner la réputation, mais j’ai pleuré en regardant cette nouvelle :
Mais la nouvelle, c’est encore pire que ça. Le son des métros parisiens, les 5 notes à la guitare, disparaîtra en plus !
Ça fait mal au cœur — ce sont la bande-sonore de ma France !
Je suis bien d’accord avec le clip d’Instagram, qui disent que les critiques pensent que le nouvel son pour les deux ressemble à Windows XP. Voilà :
Et pour mettre mes cartes sur la table, j’étais un utilisateur d’OS/2 quand tout le monde adoptait Windows 95, et nous avions ceci :
Alors, mon problème n’a rien à voir avec le vibraphone ou le marimba. C’est entièrement car vous aviez les sons parfaits pour les transports… et je ne vais plus jamais les entendre aux gares.
D’accord, il y en a probablement pour me dire : « Et vous, Justin, vous vous souciez de nous, pour qui le son des années 90 nous manque ? » :
Ouais, c’est pas mal, mais à ces gens, je dirais : « Allez, écrivez votre propre blog pour vous en plaindre ! Cette plainte est la mienne ! »
J’ai au moins trouvé une ressource inestimable en préparant ce billet. C’est la chaîne YouTube Transports Sonores, avec à peu près 300 enregistrements. Vous pouvez y entendre des joyaux comme cette annonce du RATP pour le Réveillon du Nouvel An en 5 langues : français, anglais, espagnol, allemand et italien !
Alors, vous savez qui sera aussi déçu que moi ? L’ancien membre de Pink Floyd, David Gilmour, qui a fait une chanson du son de la SNCF. Ne me croyez pas sur parole ; voici un reportage sur le sujet :
La plupart du temps, je suis ravi de ne plus être un utilisateur actif du site Quora. Mais de temps en temps, ses courriels me mènent toujours à des histoires intéressantes, et celle-ci est passionnante.
Selon le post que j’ai lu (lien en anglais), l’histoire a commencé en 2012, quand une élève à la fac, Anaïs Bordier, regardait des vidéos sur YouTube, quand elle s’est dit « L’américaine dans ce clip me ressemble parfaitement. » Alors, elle a vérifié la date de naissance de l’actrice, et quelle surprise — c’était la même que la sienne ! Et en plus, malgré le fait que l’une est américaine et l’autre est française, les deux sont nées à Busan en Corée du Sud.
Évidemment, il s’agit de deux filles adoptées par d’autres personnes. Mais quand on creuse un peu plus profondément, c’est absolument dingue que les deux se soient retrouvées.
Wikipedia nous dit que la vidéo en question s’appelle « High School Virgin » (Puceau lycéen), tourné par un utilisateur (inactif de nos jours) dit « Kevjumba ». Il n’était pas difficile de la trouver :
Le compte est pourtant un remplacement pour l’original, alors impossible de savoir combien de personnes l’a vu. Mais c’est certainement le clip d’un amateur, non une production professionnelle. Ça dit, selon Wikipedia en anglais, en mai 2008, il était dans le top 5 de créateurs sur YouTube — avec 187 milliers d’abonnés. On oublie que ce n’était que le début, et les chiffres n’étaient pas du tout comme maintenant. Mais ça suffisait certainement pour lui d’être en tête des listes et recommandé aux utilisateurs.
Et il s’avère qu’Anaïs était déjà capable en anglais. Son compte Instagram date jusqu’en avril 2012, et le deuxième post a une légende en anglais. Elle habitait à Londres à l’époque, car elle était là pour faire des études. En mai de cette même année, les deux se sont rencontrées en personne à Londres, et Wikipedia nous dit qu’elles avaient déjà appris que l’ADN correspondait parfaitement.
En 2015, il y avait un documentaire, Twinsters, tourné par le mari de Samantha,, qui est passé à la télé américaine — mais inaperçu pour moi car je n’ai jamais regardé la bonne chaîne. Ça fait 1 heure et demi et je n’ai pas tout regardé, mais les 5 premières minutes sont un truc de folie :
Les deux ont fait une visioconférence sur Skype, et rien qu’en regardant une capture d’écran, c’est bien évident — pour ce qui ça vaut, c’est Samantha à gauche et Anaïs à droite :
Capture d’écran de Twinsters
En regardant le début du documentaire, il s’avère que le sommaire sur Quora est un peu trompeur. En fait, c’était un ami d’Anaïs — aussi un Français bilingue — qui avait vu le clip, puis lui l’avait envoyé à cause des similarités.
Mais il m’étonne que les deux se soient rencontrées. Il n’y a aucune preuve que Samantha a jamais appris le français. Si Anaïs n’avait pas appris l’anglais, ne s’intéressait pas à s’expatrier à Londres, et n’avait pas d’autres amis bilingues, cette histoire n’arriverait pas. C’est toute une série de coïncidences incroyables !
Il y a un épilogue intéressant. 10 ans le premier documentaire, les deux ont tourné une suite de 30 minutes pour YouTube. Là, l’accent d’Anaïs a changé de façon dramatique. Dans le documentaire original, elle sonne très britannique, mais avec certains indices qui me disent qu’elle est francophone de naissance. Dans la suite, elle sonne presque américaine — il y a toujours des tics avec les voyelles, mais son accent me rappelle fortement les voix des asiatiques nés aux États-Unis à des parents immigrants. J’imagine que les deux ont beaucoup parlé pendant la décennie entre les deux !
Il y a quelque chose qui me dérange depuis longtemps, même s’il ne me concerne pas, puisque je ne suis pas gérant. En France et aux États-Unis, on utilise des mots qui semblent être identiques, ou presque, pour diviser l’année. Pourtant ces amis sont trompeurs, même si pas faux, et je vais l’expliquer.
Considère que l’on vous dit :
Depuis des décennies, les écoles, collèges et lycées se basent sur un calendrier trimestriel pour organiser l’année scolaire. Cela consiste à diviser l’année en trois périodes distinctes, afin de fixer des objectifs à court terme et d’évaluer la progression des élèves au fil de leur parcours.
Attendez, on vient de me dire que les trimestres divisait l’année en trois ! « Quatrième trimestre » a donc l’air impossible ! Mais en anglais, on dit plutôt :
Q4—also known as quarter-four or the fourth quarter—is the last quarter of the financial year for both corporations and other organizations.
Q4 — aussi connu sous les noms quart-quatre ou le quatrième quart — est le dernier quart de l’année fiscale également pour les entreprises et les autres associations. [ma traduction]
On est d’accord que si on divise quelque chose par quatre, il y a quatre quarts, non ? Il y a même un gâteau nommé pour ça (allez chez Péla pour un nouveau). Qu’est-ce qui se passe chez le français, où 4 parts peut être « tri » et « quatre » en même temps ?
Il s’avère que c’est parce que le français est plus fidèle que l’anglais à l’étymologie du mot. Le Trésor nous dit :